NI HOMMES, NI DEMONS ?

Par Véronique Anger-de Friberg, janvier 2012

Quand le cinéaste Rithy Panh*, rescapé des camps de travail khmers rouges, questionne Kaing Guek Eav mieux connu sous le nom de Duch, 30 ans ont passé depuis la chute de l’Angkar, le parti communiste du Kampuchéa démocratique qui aura causé la mort de 1,7 million de Cambodgiens entre 1974 et 1979.
Duch, l’un des principaux organisateurs du génocide khmer rouge, qui dirigeait le camp de torture S-21, fuit ses responsabilités et prétend ne plus se souvenir : « Ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille à sa légende » écrit de lui Rithy Panh.

L’élimination[1], évoque la confrontation entre Rithy Panh et Duch, mais ne nous apprend pas grand chose de plus finalement sur la personnalité du chef tant redouté du camp S-21. Un chef qui minimise son rôle et fuit ses responsabilités, qui ose même « rire à gorge déployée » au cours de certains entretiens, précise le cinéaste. C’est aussi, et c’est là me semble-t-il l’un des aspects les plus intéressants de ce témoignage, une réflexion sur l’idéologie destructrice, sur l’essence même du mal : le mal à l’état pur. La « pureté », un terme qui n’a rien « d’innocent » paradoxalement, et qui revient comme un leitmotiv dans toutes les politiques génocidaires. Ce livre est aussi une réflexion sur la banalité du bien. Une banalité du bien, qui existe même -surtout, pourrait-on dire- dans un monde où l’individu est totalement nié, déshumanisé.

Parler d’autogénocide, c’est nier l’évidence
Quand les juges des tribunaux cambodgiens[2] parrainés par l’ONU accordent des circonstances atténuantes au criminel de guerre Duch, ou lorsque des psychiatres et des intellectuels expliquent que la révolution khmere s’apparente à un « autogénocide », Rithy Panh s’insurge : « Le crime contre l’humanité au Cambodge, aurait été spécifique. En partie explicable par un certain quiétisme lié au bouddhisme. Par une tradition, aussi, de violence paysanne. Comme si ce génocide était culturel, voire prévisible. ». Il évoque aussi maître Vergès, l’avocat de Duch et de Khieu Samphân, l’un des dirigeants les plus importants de l’Angkar, le régime de Pol Pot[3]. Des « amis de jeunesse » que Jacques Vergès a fréquentés dans les années 1950, alors qu’ils étaient étudiants à Paris. Vergès n’est pas le seul à défendre la thèse selon laquelle il n’y a pas eu de « crime voulu », de génocide[4], de famine organisée, « pas autant de morts qu’on le prétend »...
Rithy Panh n’a pas oublié la réaction de certains journalistes et intellectuels, français notamment, qui ont défendu le régime de Pol Pot en prétendant que le Kampuchéa démocratique était une bonne chose, et qu’ils croyaient que le régime voulait « éduquer les masses ». « Pour ma part, je persiste » écrit Rithy Panh, « il y a eu au Kampuchea démocratique un crime de masse et une famine. La privation est le moyen d’extermination le plus simple, le plus efficace ; le moins coûteux, ; et le moins explicite. ». Comme aux Temps de la Chine de Mao ou de l’Union soviétique de Staline. Les dictateurs ont fait preuve de calcul politique, mais aussi de perversité, en affamant les masses : ceux qui meurent de faim sont tellement occupés à essayer de survivre qu’ils n’ont pas la force de se révolter.
Oser prétendre que le régime de Kampuchéa était un système égalitaire et une chance pour le peuple cambodgien, c’est nier le génocide. Comment ne pas comprendre la colère de l’ancien enfant qui a survécu aux camps de travail khmers rouges ? Prétendre que ceux qui défendaient ce régime innommable ne savaient rien des exactions commises par l’Armée révolutionnaire du Kampuchéa est un mensonge inexcusable. Cela revient à nier la torture infligée à des innocents pendant des semaines jusqu’à ce que mort s’ensuive. Nier « l’élimination » des nourrissons morts d’avoir été violemment projetés contre des troncs d’arbre. Nier la pratique de la vivisection sur des êtres humains vivants. Nier les « prises de sang » sur des femmes qui mourront vidées de leur sang, un bien précieux réservé pour soigner les militaires blessés du régime de Pol Pot. Nier que des millions de Cambodgiens ont été déplacés, affamés et envoyés dans des camps de travail. Nier que des enfants d’une dizaine d’années ont été enrôlés massivement dans l’armée révolutionnaire pour conduire leurs propres parents dans les camps ou pour les tuer. Nier que près d’un tiers de la population cambodgienne est morte de mauvais traitements, d’épuisement ou de faim, de 1974 à 1979, durant ces longues années de terreur.

Le siècle des bourreaux
Duch fuit ses responsabilités, ou prétend qu’il a oublié… qu’il était un bureaucrate et qu’il n’a pas entendu les cris des suppliciés torturés des nuits entières, voire qu’il ne savait pas que des tortures étaient commises. « Dissonance cognitive[5] » sans doute… Et lorsque Rithy Panh lui glisse sous le nez des ordres écrits de sa main indiquant « A torturer » ou « A détruire », il pense se dédouaner en déclarant que le régime commandait, et que lui n’était qu’un exécutant. « Nul ne peut croire qu’il n’était qu’un rouage parmi d’autres dans la machine de guerre » affirme Rithy Panh. Un maillon dans un processus d’extermination « comme s’il n’y avait ni responsable ni projet. ». La défense du criminel Duch n’est pas sans rappeler celle des principaux dirigeants nazis au procès de Nuremberg
Je me souviens de la visite, dans mon collège, d’un représentant de Médecins du Monde. Le jeune homme essaimait les écoles pour tenter de sensibiliser l’opinion publique au calvaire que vivait alors le peuple cambodgien. C’était en 1978. Mes camarades de classe et moi avions été bouleversés par son témoignage. En rentrant à la maison, j’avais demandé à mes parents pourquoi rien n’était fait pour sauver les victimes des Khmers rouges, pourquoi des enfants étaient martyrisés et des bébés assassinés. Aujourd’hui, des lycéens interrogent sans doute leurs parents pour tenter de comprendre pourquoi les enfants syriens continuent à être torturés par le régime sanguinaire de Bachar el-Assad… Il ne s’agit pas de comparer les crimes contre l’humanité, ni de nommer génocide[6] tous les crimes massifs, mais l’assassinat d’un peuple doit toujours être dénoncé. Certains parlent de la « bestialité » des crimes contre l’humanité. Or l’être humain est la seule espèce au monde à perpétrer des génocides ; les animaux n’ont pas ce fantasme de la pureté du peuple ou de la « race ». On peut dire que le XX° siècle aura vu l’apothéose de la barbarie humaine. ; il aura été le siècle des bourreaux.
L’Histoire risque de se répéter si l’on n’y prend garde. « Je ne comprends pas pourquoi personne ne venait à notre aide. » s’interroge encore Rithy Pan. « Pourquoi nous étions abandonnés. C’était insupportable, la souffrance, la faim, la mort partout. Et le monde se taisait. Nous étions seuls. ». Voilà pourquoi le travail de mémoire effectué par lui, et avant lui par Primo Levi, Elie Wiesel ou Claude Lanzmann pour ne citer qu’eux, est essentiel. Le Kampuchéa démocratique n’avait rien à envier au Troisième Reich nazi. Pol Pot, comme tous les grands dictateurs sanguinaires, de Staline à Mao en passant par  Kim Jong-il et même Kadhafi ou Bachar el-Assad, n’ont pas grand-chose à envier à Hitler. Quand tout est permis, il n’y a plus de limites. Le but est d’annihiler l’ennemi, de le détruire, « d’effacer » jusqu’à la moindre trace de son existence en lui volant son âme par un processus de déshumanisation, puis en brûlant son corps. Rithy Panh cite Duch : « On détruit l’ancien monde pour en construire un nouveau. On veut fabriquer une nouvelle conception du monde. » Toujours la même vieille rengaine… Il dit encore : « Les camarades arrêtés étaient des ennemis, pas des hommes. ». Tout est résumé dans cette phrase terrible.

Même dans les tréfonds de la nuit la plus sombre, l’espoir aussi peut renaître
Il y a une différence énorme entre ne rien faire et agir… entre se montrer lâche en restant passif et torturer par conviction ou pour se faire bien voir de ceux qui terrorisent. Non, en chacun de nous ne sommeille pas un bourreau. Je partage l’optimisme et la confiance de Rathy Panh : je crois moi aussi qu’on a toujours le choix, qu’au fond de chaque enfant, de chaque femme, de chaque homme, peut se tapir une autre « banalité », celle du bien, du geste qui sauve. Une banalité du bien trop souvent oubliée, tant les bourreaux fascinent par la violence, la démesure et l’inhumanité de leurs crimes. En dépit de ma grande admiration pour la philosophe Hannah Arendt[7], non, ce qui vaut pour les uns ne vaut pas pour tous les autres. Non, ce qui vaut pour Eichmann ne vaut pas pour tout le monde, pas plus que ce qui vaut pour Duch ne vaudrait pour tous. Rithy Panh est convaincu que l’« On ne naît pas bourreau, on le devient(…) Pas plus qu'on ne naît bourreau, on ne naît résistant, juste, généreux. ». C’est le message d’espoir délivré par l’ancien enfant affamé et terrorisé des rizières, devenu un cinéaste renommé. « Je ne nie pas que certains bourreaux puissent être ordinaires, ou qu’un homme ordinaire puisse devenir un bourreau. » écrit-il encore. « Mais je crois à l’individu dans son unicité. Je m’intéresse à son parcours émotionnel, familial, intellectuel ; à la société dans laquelle il évolue.(…) Je reviens sur ma formule : ni sacralisation ni banalisation. Duch n’est pas un monstre ou un bourreau ordinaire. Duch est un homme qui pense. Il est un des responsables de l’extermination. Il faut le regarder dans son parcours : s’il pouvait affiner ses méthodes à M13, ce n’est plus nécessaire à S21. S’il pouvait épargner un homme à M13, il ne l’a pas fait à S21. ».
Il n’y a pas de fatalité à l’inhumanité. Il y a -et il y aura toujours probablement- des « collaborationnistes » en herbe, des sadiques, des psychopathes, des traîtres, des lâches, des passifs… et il y aura toujours des résistants, des héros ordinaires, ces femmes, ces enfants et ces hommes qui refuseront de vendre leur âme et resteront, grâce à leur courage, des êtres humains dignes de ce nom. En effet, si l’on croit qu’il n’y a aucune différence entre le bourreau et celui qui prétend qu’il ne sera jamais bourreau au motif que notre monde aurait perdu toute raison et que la souffrance deviendrait trop insupportable, penser l’avenir et penser l’humanité, avec cette épée de Damoclès qui plane au-dessus de nos têtes, reviendrait à renoncer à ce qui fait justement notre humanité.
Les dizaines de millions de morts perpétrés au nom de la race aryenne, de « l’égalité des conditions », du « grand bond en avant » ou des « ennemis du peuple »[8]… ne peuvent être oubliés. C’est pourquoi le travail de mémoire de Rithy Panh et de tous ceux qui ont connu l’innommable est indispensable. Mais dans les tréfonds de la nuit la plus sombre, au fond des ténèbres[9], l’espoir aussi peut renaître, comme le montre ce livre. Alors, si je devais retenir un seul des messages de Rithy Panh, ce serait celui-ci : « J’ai affronté cette histoire avec l’idée que l’Homme n’est pas foncièrement mauvais. Le mal n’est pas nouveau ; le bien non plus, mais, je l’ai écrit, il y a aussi un banalité du bien ; et une quotidienneté du bien. ».

Un signal d’alarme
Ce livre doit agir sur nous comme un signal d’alarme. Il doit nous alerter sur la fragilité des démocraties, nous rappeler que derrière l’intolérance et l’idéologie restent tapies dans l’ombre la haine de l’autre, l’envie d’éliminer celui qui pense différemment. De « l’effacer », dirait Rithy Panh. Dans ce contexte troublé, où des leaders populistes et certains médias s’entendent pour exploiter les peurs, il est urgent de s’inquiéter. Quand les individus sont de plus en plus nombreux à perdre leurs repères, ils s’accrochent au premier marchand d’utopie venu, à celui qui leur promet une vie meilleure. Mais nous savons que c’est un leurre. Utopia n’existe pas… ou alors il faut choisir entre sécurité et liberté, entre repli sur soi et « vivre ensemble ». Voulons-nous d’une société qui prône le nationalisme et la discrimination, ou voulons-nous « faire France » ? Voulons-nous « Mieux vivre ensemble » ? Pour reprendre des expressions, certes dans l’air du temps, mais qui font sens.
Je crois que nous sommes encore suffisamment nombreux à vouloir vivre dans un monde ouvert sur les autres, dans une société qui ne craint pas la différence. Mais les sociétés occidentales démocratiques ne sont pas à l’abri. Elles peuvent elles aussi basculer dans le chaos. Ces mauvais signaux, comme la montée des nationalismes en Europe ou la résurgence du fascisme sous le gouvernement de Viktor Orban en Hongrie notamment, devraient nous alerter et renforcer notre vigilance. Le temps est venu de se poser très sérieusement cette question : que voulons-nous faire de notre XXI° siècle ?

*Rithy Panh est un cinéaste franco-cambodgien, et un rescapé des camps de travail khmers rouges qu’il a connus alors qu’il était âgé de 13 ans. Il a réalisé de nombreux films et des documentaires sur le Cambodge du temps des khmers rouges : Site 2. Les gens des rizières (sélectionné à Cannes en 1997). Bophana, une tragédie cambodgienne. S21, la machine de mort Khmère rouge. Duch, le maître des forges de l’Enfer... Il est aussi l’auteur des livres : La machine khmere rouge (avec Christine Chaumeau. Flammarion, 2003 et 2009) et Le papier ne peut pas envelopper la braise (avec Louise Lorenz. Grasset, 2007). Sa bio sur Wikipédia.
Christophe Bataille est romancier. Il a reçu le prix du Premier roman, des Deux Magots pour son livre, Annam (Arléa, 1993) et de la Vocation pour Absinthe (Arléa, 1994). Il a également publié chez Grasset : Le rêve de Machiavel (2008), Quartier général du bruit (2006), J’envie la félicité des bêtes (2002), Vive l’enfer (1999) et Le Maître des heures (1997).

[1] L’élimination. Rithy Panh avec Christophe Bataille. Grasset, 2011 (336 pages, 19€).
[2] Duch a finalement été condamné à 30 ans de prision pour « crimes contre l'humanité » en 2010.
[3] Pol Pot (de son vrai nom Saloth Sâr, 1928-1998) chef politique et militaire des Khmers rouges, une organisation communiste, nationaliste, révolutionnaire d’inspiration maoïste. Il est mort en 1998 sans avoir été jugé pour ses crimes contre l’humanité. Sa dictature politique, véritable régime de terreur, s’est imposée de 1975 à 1979 sous le nom de Kampuchéa démocratique.
[4] Définition du « génocide » par La Cour Pénale Internationale (CPI, article 6 du Statut de Rome, 17 juillet 1998) : « Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : meurtre de membres du groupe ; atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. ».
[5] L’une des théories les plus célèbres de la psychologie sociale, développée en 1957 par le psychologue social américain Léon Festinger (1919-1989), professeur à Stanford (Palo Alto, Californie).
[6] Définition du « génocide » par La Cour Pénale Internationale (CPI, article 6 du Statut de Rome, 17 juillet 1998) : « Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : meurtre de membres du groupe ; atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. ».
[7] Hannah Arendt (1906-1975). La banalité du mal est le concept philosophique développé par la philosophe dans son ouvrage Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal (1963) suite au procès à Jerusalem du criminel de guerre nazi. Selon Arendt, il existerait une « banalité du mal » selon laquelle un être humain banal, comme Eichmann un petit fonctionnaire zélé soumis à l’autorité, suivrait les consignes les plus ignobles de ses chefs sans s’interroger sur leurs conséquences, simplement par sens du devoir. Une attitude coupable pour la philosophe, mais qui pourrait expliquer comment les régimes totalitaires agissent sur la nature humaine. Elle suscita la polémique en affirmant que ceux qui choisissaient d’obéir aveuglément n’étaient pas si différents de ceux qui pensaient en être incapables. En d’autres termes, en chacun de nous sommeillerait un bourreau. De quoi inquiéter effectivement !
[8] « L’ancien peuple » : les ouvriers et les paysans. Le « nouveau peuple » : les bourgeois, les intellectuels, les propriétaires, encore appelés les « 17 avril » (en référence au jour de la prise de la capitale, Phnom Penh, le 17 avril 1975, par les Khmers rouges), des « oppresseurs », des « ennemis du peuple », à rééduquer dans les camps de travail à la campagne ou à exterminer.
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Quelques points de repère pour les plus jeunes (liens, références, ouvrages, articles ou films pour aller plus loin) :
- Pol Pot, la dictature politique du Kampuchéa démocratique et les Khmers rouges
- « Douch, L’énigmatique tortionnaire khmer rouge ». Par Jean Sévillia (Le Figaro, 17/09/11)
- Si c’est un homme de Primo Levy, également auteur de La trêve et de Le système périodique
- La Nuit d’Elie Wiesel
- Nuit et brouillard d’Alain Resnais (1955)
- « Il existe aussi une banalité du bien, porteuse d’espoir ». Par Véronique Anger (Billets d’humeur, Les Di@logues Stratégiques)
- « C’est Milgram qu’on assassine ! » Par Véronique Anger (Billets d’humeur, Les Di@logues Stratégiques)
- Enquête exclusive sur la montée du nationalisme sur sur M6 : « Le retour des extrémistes » (15/01/2012)
- Documentaire sur « Ces Français qui ont choisi Hitler » France 3 (16 et 21/01/2012)
- Shoah de Claude Lanzmann (1985)
- « L’Europe a-t-elle perdu la guerre des idées ? » (à propos du livre L’ensauvagement de Thérèse Delpech (Grasset, 2005). Les Di@logues Stratégiques).
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- Pourquoi le Cambodge est-il bombardé par les Américains ? À la fin des années 1960, les Etats-Unis, qui soutiennent le régime de Lon Nol, sont en guerre contre le Vietcong. Les forces du Front national pour la libération du sud Vietnam se réfugient au Cambodge d’où elles arment le Front national de libération du Vietcong. Le Cambodge subit alors des bombardements incessants de l’armée américaine qui tente d’anéantir les forces du Vietcong. Des bombardements qui auront pour conséquence de conduire de nombreux Cambodgiens à soutenir le régime de Pol Pot lorsque celui-ci prendra Phnom Penh. La République populaire de Chine fournira également de l’argent aux Khmers rouges pour acheter des armes.
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- Dans Le Figaro du 17/09/2011, cet extrait de l’article de Jean Sévillia « Douch, L’énigmatique tortionnaire khmer rouge ») : « Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh. En 48 heures, la capitale cambodgienne est vidée de ses habitants. A Paris, des journaux éminents saluent une « audacieuse transfusion de peuples » (Jean Lacouture dans Le Nouvel Observateur) ou « L'enthousiasme populaire » (Patrice de Beer dans Le Monde). 2 millions de Khmers sont astreints aux travaux forcés et les massacres commencent, visant d'abord les intellectuels, les bourgeois, les cadres de l'ancienne société. 4 ans durant, le pays vit frontières fermées. Le nombre de victimes varie selon les sources de 1,7 à 2,2 millions de morts et de disparus sur une population d'environ 7,9 millions d'habitants. ».
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- Le contexte (source : Wikipédia) : « Les forces communistes menées par Saloth Sar triomphent de l’armée de Lon Nol le 17 avril 1975, date à laquellePhnom Penh tombe entre les mains des Khmers rouges, considérés au départ comme une force libératrice par la population. Saloth Sâr se fait alors connaitre comme le « frère numéro un » et adopte son nom de guerre : Pol Pot. Il est le membre le plus important de l'Angkar, forme abrégée d'« Angkar padevat » (en khmer, « Organisation révolutionnaire »), dont le nom cache le Parti communiste du Kampuchéa, organe suprême du gouvernement desKhmers rouges. Dès leur prise de pouvoir, les Khmers rouges soumettent le pays à la dictature. Se servant de la légitimité du GRUNC pour gouverner, Pol Pot et ses alliés mettent en place un régime totalitaire qui entreprend rapidement d'éliminer tout individu lié au gouvernement de Lon Nol. Sous le prétexte, fictif ou réel, d'une attaque américaine imminente, Phnom Penh est pratiquement vidée de ses deux millions d'habitants dans les jours qui suivent. Assimilés au capitalisme, tous les citadins, à la pointe du fusil, sont forcés d'aller travailler dans les campagnes. Pendant près de quatre ans, les Khmers rouges font régner la terreur dans le pays, s'acharnant particulièrement sur la population urbaine et sur les intellectuels. Des prisons d'État sont instituées dans tout le pays, dont la plus connues resteS-21 à Phnom Penh. Ce centre de détention voit passer, entre 1975 et 1979, plus de 20 000 détenus, dont beaucoup d'enfants. Sept seulement survécurent. Les personnes internées sont ensuite menées à des terrains d'exécution. Sur celui de Choeung Ek, à 17 km au sud-ouest de Phnom Penh, se trouve aujourd'hui un mémorial contenant les ossements des victimes. Tout ce qui pouvait rappeler la modernité ou l'Occident est systématiquement détruit, telle la cathédralecatholique de Phnom Penh et la Banque nationale du Cambodge, toutes deux détruites par les flammes en 1975. La monnaie, la famille, la religion et la propriété privée sont abolies. Le Cambodge est coupé du monde. ».