(Les Di@logues Stratégiques® N°36 - 10/02) Version Anglaise Dans les cinq ans à venir, la région Poitou-Charentes a l'ambition de devenir une référence européenne dans l'économie de la connaissance. Le pôle international des industries de la connaissance (KM) créé dans la technopole du Futuroscope, lui en donnera les moyens. Un projet de grande envergure, mené par Didier Moreau, directeur de l'Espace Pierre Mendès France à Poitiers, et directeur délégué de la Mission Poitou-Charentes pour les Industries de la Connaissance. Véronique Anger : Pourquoi créer un pôle international des industries de la connaissance en Poitou-Charentes ? Didier Moreau : Le projet régional de développement "Industries de la Connaissance", qui s'inscrit dans la dynamique du Sommet de Lisbonne 2000(1) est l'expression de la volonté politique de la région d'envisager son développement dans ce qu'on nomme désormais "l'économie de l'immatériel". Par conséquent, la question de la création de valeur ajoutée et de richesses liées à la connaissance, dans un contexte international (en particulier européen) en constante évolution, se pose. Par ailleurs, la région a le souci de rationaliser les moyens financiers et humains consacrés par l'ensemble des acteurs du Poitou-Charentes au domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Je tiens à rappeler que ce projet, aboutissement de deux ans de travaux, de consultations, de séminaires et d'études, a été initié par l'ancien Président de la région, Jean-Pierre Raffarin, aujourd'hui Premier ministre. VA : Le pôle des Industries de la Connaissance aura une existence " physique " ou sera-t-il seulement un lieu virtuel, accessible sur le site de votre région ? DM : Pour des questions pratiques administratives et budgétaires, mais aussi pour optimiser la qualité des contacts, nous souhaitons que le pôle soit aussi un lieu d'accueil "physique", d'information, de démonstration et d'échange. Vous connaissez certainement le fameux "serendipity" du Baron de Serendip qui trouvait par hasard ce qu'il ne cherchait pas… et faisait ainsi des découvertes merveilleuses. Et bien, nous pensons aussi que la rencontre physique est souvent plus enrichissante parce qu'elle suscite l'imprévisible. Nous avons choisi le site du Futuroscope, la technopole de Poitiers. A une heure trente seulement de Paris, nous disposons d'une véritable plate-forme de compétences (scientifiques, techniques, économiques) qui rassemble déjà divers services d'accompagnement aux entreprises et aux collectivités publiques dans le domaine du KM. VA : Quelles seront les missions prioritaires ? DM : Le projet comporte trois grands programmes complémentaires : 1° La valorisation du patrimoine local : c'est-à-dire développer le secteur d'activité lié à la numérisation, la production, l'édition et la diffusion des ressources patrimoniales de la région Poitou-Charentes. 2° La formation et l'éducation : l'objectif consiste à faire du Poitou-Charentes une région-phare en Europe, en matière d'utilisation des NTIC à des fins pédagogiques (recherche et développement, production d'outils d'enseignement à distance et de gestion documentaire, qualité de services…). 3° Le renforcement de la compétitivité de la région : ce programme vise à sensibiliser et former les PME et industries du Poitou-Charentes aux méthodes et outils de gestion des connaissances (internet, TIC) pour favoriser l'innovation, diffuser les connaissances, valoriser les savoir-faire locaux… afin d'améliorer leur compétitivité. VA : Il est aussi question d'un "Institut européen de la connaissance"? Quel sera son rôle ? DM : Ce pôle comporte plusieurs volets de développement dont l'un d'eux est l'Institut Européen pour l'Economie de la Connaissance, porté depuis de nombreux mois par Richard Collin(2) qui en assure le développement. Cet institut qui mobilisera, dès la fin de l'année, des chercheurs et des décideurs administratifs, économiques et des politiques, sera soutenu par une fondation associant un réseau international de partenaires publics et privés : entreprises, universités, sociétés financières, institutions… engagées dans l'économie de la connaissance. Il bénéficie également du soutien de la Communauté européenne. L'institut, qui se veut un centre de réflexion et de production avec un programme d'actions précis (notamment la création d'un indicateur "Euronext" du capital immatériel) sera ainsi le laboratoire et le diffuseur des approches innovantes en matière de KM. (1) L'Europe a décidé de s'imposer comme le leader mondial de la société de la connaissance (2) Expert en KM et directeur associé de i-KM |
